Le monde du travail a vécu, dans les dernières décennies, de grandes transformations qui nous amènent, nous tout particulièrement, la jeune génération, à faire face à de nouveaux défis. Dans cette section, vous trouverez :
Cette section présente une Foire Aux Questions (série de questions et réponses), ainsi qu'un lexique qui vous aideront à mieux comprendre et différencier certains termes couramment employés surle marché du travail.
En répondant VRAI à une de ces affirmations, il peut être pertinent de s’interroger sur son statut d’emploi . Il y a de bonne chance qu’on puisse être considéré « travailleur atypique ». Quand nous parlons de travail atypique, il s’agit d’emplois à temps partiel , temporaires ou autonomes ; il s’agit d’emploi non-standard, « hors normes ». On peut donc le décrire plus facilement par ce qu’il n’est pas, soit salarié, permanent et à temps plein. Les emplois atypiques sont de plus en plus présents et c’est surtout chez les jeunes qu’on voit cette croissance. Il touche aussi particulièrement les femmes et les personnes immigrantes non qualifiées.
Le rapport Bernier nous aide à y voir clair. Plusieurs facteurs auraient mené à cet accroissement du travail non-traditionnel dans les dernières décennies; « …les nouvelles technologies, la compétitivité accrue à l’échelle planétaire, le besoin que perçoivent les entreprises d’être plus flexibles notamment au plan des ressources humaines ainsi que des nouvelles formes d’organisation du travail. » (p. 9 de la synthèse du rapport Bernier). Le travail atypique était donc à la fois une façon de répondre à des changements de sociétés, aux nouvelles attentes des employeurs, mais aussi aux employés qui peuvent souhaiter par exemple concilier le travail et la famille ou le travail et les études, ou encore qui désirent plus d’autonomie dans leur vie professionnelle.
Précarité et travail atypique, souvent liés dans différents contextes, ne sont pas des synonymes et des emplois typiques peuvent aussi être précaires. Par précarité d’emploi nous entendons faible revenu, protection sociale limitée, inquiétude quant à la durée d’emploi , instabilité… Quoique la précarité ne soit pas le propre de l’emploi atypique, il est néanmoins courant que l’emploi atypique présente des caractéristiques précaires.
Maintenant, creusons un peu pour voir ce qui permet de distinguer le travail à temps partiel, du temporaire et de l’autonome. La principale différence entre le travailleur à plein temps et à temps partiel est que ce dernier bénéficie rarement des mêmes avantages sociaux et protections que le travailleur à temps plein. Un emploi dont la semaine de travail est inférieure à 30 heures est dit à temps partiel. Le travailleur à temps partiel occasionnel (irrégulier) a, pour sa part, des conditions encore plus précaires.
Le travailleur temporaire (ou occasionnel, ou sur appel) fait souvent affaire à une agence de placement qui lui trouvera des contrats de travail . Ces contrats peuvent être d’une durée indéterminée, saisonniers ou d’une durée déterminée.
Le travailleur autonome, lui, ne vit pas la relation employeur-salarié; il est son propre employeur et a ses propres clients. Le rapport qu’il vit est donc celui de travailleur-client, et le client est en fait son patron. Le travailleur autonome est régi aux mêmes titres légaux qu’une entreprise.
Mais attention! Plusieurs travailleurs et travailleuses considérés comme travailleurs et travailleuses autonomes ne le sont pas réellement dans les faits, c’est-à-dire qu’ils devraient être considérés comme salariés alors qu’un contrat signé leur donne le titre de travailleur autonome. Ce sont eux que nous appelons couramment les faux travailleurs et travailleuses autonomes ou les travailleurs et travailleuses dépendants.
22,9% des jeunes travailleurs et travailleuses occupaient un emploi temporaire en 1999. [1]
La part de l’emploi autonome dans l’emploi total est passé de 10 à 15,7% entre 1980 et 1998 [1]
65,4% des travailleurs et travailleuses à temps partiel de 15 à 29 ans auraient préféré travailler à temps plein, comparativement à 38,4% des 30 ans et plus (pendant la période scolaire) [1]
[1] « Emploi atypique et précarité chez les jeunes; Une main d’œuvre à bas prix, compétente et jetable », Conseil Permanent de la Jeunesse, Québec, avril 2001. En ligne: www.cpj.gouv.qc.ca. Le Conseil Permanent de la Jeunesse (CPJ) est le seul organisme gouvernemental dirigé par des jeunes. Il regroupe quinze membres âgés de 15 à 30 ans, qui ont à cœur l’amélioration des conditions de vie des jeunes et leur participation à la société québécoise.
[2] Voir le site du Développement des Ressources Humaines Canada pour de plus amples informations: www.hrdc-drhc.gc.ca.
Nous traiterons ici des différents aspects de la souplesse du temps et du milieu de travail, soit particulièrement de la flexibilité qui implique des changements dans les conditions de travail des employés. Il s’agit de la flexibilité des coûts de main-d’œuvre, du temps de travail et des statuts d’emploi (flexibilité dite externe).
La flexibilité des coûts de main-d’œuvre est une conséquence de la tentation d’ajustement de la rémunération en fonction de la production et de la concurrence des marchés. Dans les faits, cette expression fait souvent référence à la réduction de la masse salariale par différents moyens : réduction des effectifs (du nombre des travailleurs et travailleuses) par des mises à pied par exemple; réduction des salaires; réduction des avantages sociaux ; introduction de clauses « orphelins».
La flexibilité du temps de travail consiste en un contrôle des heures de travail par les employés de façon à ce qu’ils puissent ajuster leur horaire à leur mode de vie, activités, etc. Le standard des 40 heures par semaine, du lundi au vendredi, est de moins en moins fréquent. L’employé peut de plus en plus adapter son horaire de travail hebdomadaire, mensuel, voire même annuel.
La flexibilité des statuts d’emploi concerne la durée et le « lien d’emploi ». En parlant de durée d’emploi, on fait référence au temps partiel et aux emplois temporaires, occasionnels et saisonniers. Cette flexibilité procure des avantages pour l’employeur qui ajuste les périodes de travail selon la production requise (la production s’ajustera selon la demande grâce à un nombre plus ou moins élevé de travailleurs et travailleuses) et qui n’a pas à défrayer le coût des avantages sociaux accordés aux employés réguliers, permanents ou à temps plein. Le « lien d’emploi » est la possibilité d’engager des travailleurs autonomes ou temporaires par l’entremise d’agences de placement, ou par sous-traitance, ce qui libère l’employeur de beaucoup de responsabilité (au niveau juridique par exemple).
Quand nous parlons des jeunes sur le marché du travail, nous ne pouvons omettre de parler du taux de chômage qui permet en partie d’évaluer la situation. Le chômeur est une personne de 15 ans ou plus, apte au travail ou qui était à la recherche d’un emploi au cours des quatre dernières semaines de l’enquête ou qui devra commencer un emploi au cours des quatre prochaines semaines. Pour calculer le taux de chômage, on divise le nombre de chômeurs par le nombre de personnes faisant partie de la population active.
Le chômage touche plus particulièrement les jeunes; en 1999, 36,3% des personnes en chômage étaient des jeunes de 15-29 ans qui représentaient 26,5% de la population active. C’est donc dire que le taux de chômage chez les jeunes était de 12,7%, alors qu’il était de 8,1% chez les 30 ans et plus. Par contre, le jeune a plus de chance de se sortir du chômage, comparativement à une personne plus âgée.
Le taux d’obtention d’emplois permanents et à temps plein par les détenteurs d’un baccalauréat a chuté de 75,2% à 50,5% entre 1982 et 1997 [1].
Mais attention, le taux de chômage ne réussit qu’en partie à nous parler de la situation actuelle des jeunes. Comme le chômage n’est accordé qu’aux individus ayant travaillé un certain nombre d’heures dans la dernière année (varie en fonction du taux de chômage de la région et se situe entre 420 et 700 heures) [2], il est difficile pour les jeunes travailleurs et travailleuses aux études d’atteindre ces critères, donc de bénéficier du chômage. Ces jeunes qui sont en recherche d’emploi n’apparaissent donc pas dans le taux de chômage.
Un autre facteur empêchant de parler du taux de chômage comme un parfait reflet de la réalité vient du fait qu’après un certain nombre de semaines (variant entre 14 et 45 semaines), le chômeur n’a plus droit aux prestations régulières et devient sans revenu ou bénéficiaire de l’assistance sociale. Donc cet ex-chômeur, qui est toujours sans emploi, n’apparaît plus dans le calcul du taux de chômage.
[1] « Emploi atypique et précarité chez les jeunes; Une main d’œuvre à bas prix, compétente et jetable », Conseil Permanent de la Jeunesse, Québec, avril 2001. En ligne: www.cpj.gouv.qc.ca. Le Conseil Permanent de la Jeunesse (CPJ) est le seul organisme gouvernemental dirigé par des jeunes. Il regroupe quinze membres âgés de 15 à 30 ans, qui ont à cœur l’amélioration des conditions de vie des jeunes et leur participation à la société québécoise.
[2] Voir le site du Développement des Ressources Humaines Canada pour de plus amples informations: www.hrdc-drhc.gc.ca.
Définition de quelques termes usuels reliés au marché du travail.
L'agence de placement est généralement une société d'intérim qui met à la disposition d'une entreprise, pour une durée précisée (la mission), un travailleur ayant une qualification déterminée par l'entreprise où a lieu la mission. Cette dernière est précisée dans un contrat entre l'entreprise et la société d'intérim. Comme tout contrat commercial, nous pouvons mettre fin à la mission dans des conditions déterminées par le contrat et la mission peut être renouvelée, au gré des deux parties.
L'intérimaire est salarié de la société d'intérim, non de l'entreprise qui utilise ses services : l'intérim est donc un prêt de main-d'oeuvre. Entre la société d'intérim et l'entreprise utilisatrice, il existe un contrat qui est un contrat commercial, non un contrat de travail : en cas d'interruption de la mission, les règles du droit du travail ne s'appliquent pas. Travail précaire par excellence, l'intérim a fait l'objet d'un minimum de règles depuis peu : les sociétés d'intérim, par exemple, doivent désormais former le personnel intérimaire. Reste que, même atténuée, la précarisation de ce type de relation de travail demeure forte. (Source : Alternatives économiques, n° 155, janvier 1998.)
Quelques exemples d'avantages sociaux fournis par les entreprises : plan de santé dentaire, congé de maladie, régime de retraite...
Les clauses orphelin ou clauses de disparité de traitement, désignent généralement les dispositions fixant des avantages inférieurs pour les salariés embauchés après la date de signature d'une convention collective, que ce soit en ce qui concerne la rémunération ou divers autres aspects, tels la durée de la probation, les avantages sociaux, la sécurité d'emploi ou les régimes de retraite. Ces clauses peuvent avoir un caractère temporaire ou permanent, selon qu'elles prévoient, ou non, une progression des conditions de travail des nouveaux salariés leur permettant d'obtenir à court, à moyen ou à long terme les mêmes conditions de travail que les anciens salariés.
Les conditions de travail sont un ensemble des facteurs favorables ou défavorables qui entourent l'accomplissement du travail des salariés d'une entreprise.
La rémunération, les avantages sociaux, l'aménagement des locaux, le régime disciplinaire et les congés font partie des conditions de travail au sens large.
(Source : Commission des normes du travail.)
Les congés parentaux sont un type de congé auquel a droit la salariée ou le salarié après la naissance ou l'adoption d'un enfant, dans le but de leur permettre de s'en occuper davantage et dont la durée peut atteindre plusieurs mois.
Le congé parental est accordé à la mère ou au père d'un enfant n'ayant pas atteint l'âge scolaire, et ne s'applique pas au salarié qui adopte l'enfant de son conjoint.
(Source : Commission des normes du travail.)
Le contrat à durée déterminée est un contrat de travail prévoyant un début et une fin et liant les parties jusqu'à son échéance, qui est fixée soit par une date, soit par un événement précis devant se produire (contrairement à un contrat à durée indéterminée, ne prévoyant pas la fin du contrat).
La fin des récoltes ou un objectif à atteindre sont des exemples d'événements qui peuvent servir à fixer l'échéance d'un contrat à durée déterminée. Dans ces cas précis, la loi utilise le terme contrat pour une entreprise déterminée.
(Source : Commission des normes du travail)
Le contrat de travail est une convention par laquelle une personne s'engage à travailler à certaines conditions sous l'autorité d'une autre, moyennant rémunération et pour une durée déterminée ou indéterminée.
Note : Le contrat de travail de l'entrepreneur dépendant s'appelle également un contrat de louage de services. Même s'il ressemble à un contrat d'entreprise, il n'en possède pas la principale caractéristique, soit l'absence de lien de subordination. Ce contrat de travail ne laisse pas au salarié une véritable autonomie dans son exécution. (Source : Commission des normes du travail.)
La durée du travail est la période de référence durant laquelle un salarié doit être à la disposition de son employeur. (Source : Commission des normes du travail.)
Les emplois atypiques sont des emplois à temps partiel, temporaires ou autonomes. Il s’agit d’un emploi non-standard, « hors normes ». Voir les questions et réponses en page 1.1 et suivantes.
L'emploi saisonnier est occupé seulement à certaines périodes de l'année, à date à peu près fixe, en raison de la nature de l'activité exercée.
(Source : Commission des normes du travail.)
La population active se réfère aux personnes, de 15 ans et plus, qui occupent un emploi ou qui sont en chômage.
Par précarité d’emploi, nous entendons le faible revenu, une protection sociale limitée, l'inquiétude quant à la durée d’emploi, l'instabilité. (Source : Conseil Permanent de la Jeunesse.)
Situation marquée par une grande fragilité, une forte incertitude quant à l’avenir. (Source : Alternatives économiques, n° 155, janvier 1998.)
Voir aussi en page 1.3.
La protection sociale est un ensemble de dispositifs destinés à prémunir une population donnée, ou une partie déterminée de cette population, contre certains risques sociaux pouvant engendrer soit un surcroît de dépenses ou de difficultés, soit un arrêt ou une diminution des revenus d'activité : maladie, dépendance, naissance d'enfants, décès du conjoint ou des parents, vieillesse. (Source : Alternatives économiques, n° 155, janvier 1998 (extrait)).
Exemples : assurance-emploi, congé parental, droit au salaire minimum, droit à des vacances, droit à la syndicalisation…
Le rapport Bernier (Les besoins de protection sociale des personnes en situation de travail non traditionnelle) a été produit par un comité d’experts, dont Jean Bernier, chargé de se pencher sur les besoins de protection sociale des personnes vivant une situation de travail non traditionnelle. Il comporte des recommandations visant l’amélioration de la protection sociale de cette catégorie de travailleurs atypiques.
http://www.travail.gouv.qc.ca/actualite/travail_non_traditionnel/Bernier...
Les seuils de faible revenu (SFR) visent à mesurer le niveau de revenu pour lequel une famille peut se trouver dans des circonstances difficiles du fait qu'elle doit dépenser une proportion plus grande de son revenu sur des articles de base (alimentation, logement et vêtements), comparativement à une famille moyenne de même taille.
Le statut d'emploi définit la situation du travailleur. Il peut être régulier, permanent, sur appel, occasionnel, temporaire, etc. Quand nous parlons de la multiplication des statuts d’emploi, nous pensons aux situations qui éloignent le salarié du statut de travailleur régulier ou permanent.
Le travailleur est une personne physique qui exécute un travail pour un employeur, moyennant rémunération, en vertu d’un contrat de louage de services personnels ou d’apprentissage. Sont exclus :
Le travailleur à temps partiel est un salarié permanent ou temporaire, dont la durée du travail est inférieure à la durée normale du travail dans son secteur d'activité ou dans l'entreprise qui l'emploie.
Aussi appelé entrepreneur indépendant, le travailleur autonome est une personne qui travaille pour elle-même et non pour le compte d’une autre personne. Vous êtes travailleur autonome si vous possédez votre propre clientèle, si vous assumez la direction de votre travail, si vous avez une totale autonomie quant aux modalités d’exécution de votre travail et si vous ne connaissez aucune dépendance économique envers un seul et unique employeur.
Plusieurs critères doivent être pris en considération avant que vous ne puissiez affirmer être un travailleur autonome. En effet, pour avoir ce statut, il faut avant toute chose que vous travailliez pour vous-même et non pour le compte d'une autre personne.
Dans la mesure où vous répondez aux quatre caractéristiques qui suivent, vous pouvez vous considérer comme un travailleur autonome :
Le travailleur temporaire (ou occasionnel ou sur appel) fait souvent affaire avec une agence de placement qui lui trouvera des contrats de travail. Ces contrats peuvent être à durée indéterminée, saisonniers ou à durée déterminée. (Source : Conseil Permanent de la Jeunesse.)
Série d'articles concernant le travail « atypique ».
En 1982, trois étudiants sur quatre détenant un baccalauréat trouvaient un emploi permanent et à temps plein. En 1997, un étudiant sur deux en obtenait un. Deux raisons principales expliquent cette situation: il y a soit plus de gens qui prolongent leurs études; soit plus de gens avec un bac qui se contentent d’un emploi atypique. Selon le Conseil Permanent de la Jeunesse, c’est effectivement ce qui se produit : ou nous poursuivons nos études, ou nous nous contentons d’un emploi qui n’équivaut pas à nos espérances initiales.
« Nous prolongeons nos études », rime avec « nous continuons de s’endetter », « nous continuons de repousser nos projets », « nous continuons d’espérer ». Ceux qui se retrouvent avec un emploi à temps partiel ou à contrat, continuent de se contenter d’un salaire inférieur à celui auquel ils auraient droit avec leurs qualifications et doivent commencer à rembourser leurs prêts d’études. Paradoxalement les revenus de ces emplois permettent difficilement le remboursement de ces dettes (« Emploi atypique et précarité chez les jeunes; Une main d’œuvre à bas prix, compétente et jetable, Conseil Permanent de la Jeunesse, Québec, avril 2001. », p.38). Bref, pour plusieurs, nous nous endettons ou nous nous appauvrissons et nous vivons une insertion professionnelle qui s’étend sur plusieurs années.
En 1974, la génération des 20-24 ans gagnait 20% de plus que les 20-24 ans de 1994 (en $ constants).
En 1990, les jeunes (15-24 ans) qui avaient quitté l’école avaient un revenu moyen de 11 000$ alors qu’en 1995, ils avaient un revenu de 9 400$.
L’instabilité actuelle du marché de l’emploi a des répercussions sur l’ensemble des jeunes, diplômés ou non, à la recherche d’un emploi stable. L’insertion professionnelle se fait difficilement quand nous sautons d’un travail à un autre. Cette instabilité vient soit à cause de la fin d’un contrat, ou soit pour obtenir un meilleur salaire, de meilleures conditions de travail , des heures de travail plus adaptées à son mode de vie. Le risque est de devenir le spécialiste de la jobine, de s’éparpiller dans plusieurs champs d’activités professionnelles et ce, sans avoir la chance d’atteindre la carrière espérée ni d’approfondir aucune de ces activités. Dans certaines situations il peut donc être avantageux de changer d’emploi : si ce dernier nous convient mieux, s’il augmente notre employabilité, s’il accroît nos compétences et expériences, s’il nous permet d’enrichir notre CV par exemple. Parfois, ce n’est pas par choix que nous devons passer d’un emploi à un autre (avec souvent entre les deux des périodes de recherche d’emplois qui peuvent s’allonger plus que désiré et qui nous obligent à travailler temporairement dans un domaine différent de celui qui nous intéresse). Que le départ soit volontaire (départ suite aux mauvaises conditions de travail ) ou involontaire (mise à pied), ce retrait du marché du travail retarde le processus d’insertion professionnelle, soit, dans plusieurs cas, l’acquisition d’un statut permanent et de stabilité.
En plus de la situation récente de pénurie du logement, quand nous réussissons à en trouver un, il faut être en mesure de le payer. On considère normalement que ce n’est pas plus de 30% du revenu qui devrait être consacré au logement. En consacrant plus de 30% de son revenu mensuel au logement, il devient difficile de subvenir adéquatement à ses besoins de base (se nourrir, se vêtir, se chauffer, etc.). En étudiant les statistiques, on se rend compte que les revenus d’un nombre de plus en plus grand de jeunes ne sont plus suffisants pour éviter cette situation problématique et ceux-ci rencontrent des difficultés d’accès au logement.
Toujours en lien avec le logement, il existe d’autres conséquences de la précarité d’emploi : nous quittons plus tardivement le foyer familial ou encore nous optons pour la colocation. En effet, l’âge moyen du jeune au départ de foyer familial a augmenté. En 1996, 46,3% des femmes de 20-24 ans et 63,4% des hommes du même âge vivaient chez leurs parents. La colocation devient, elle, un moyen de protéger les jeunes face à la précarité du travail. Quand nous pensons à « colocation », nous pensons généralement aux étudiants, mais il semble que de plus en plus de jeunes travailleurs et travailleuses optent aussi pour la cohabitation.
Plusieurs jeunes songent à avoir des enfants, mais ils ne peuvent mener leurs idées à terme à cause des conditions inappropriées, ne correspondant pas à celles dans lesquelles nous voudrions mettre au monde un enfant. L’impossibilité de prendre des congés parentaux rémunérés (ou qui sont extrêmement limités) pour les travailleurs et travailleuses autonomes entre autre, l’insécurité d’emploi, les horaires de travail instables qui ne sont pas compatibles avec les garderies et les services de gardes, etc. sont tous des facteurs qui contribuent à décourager les jeunes d’avoir des enfants ou à faire peur à ceux qui décident d’en avoir.