Suis-je un travailleur à temps partiel, temporaire, autonome?
Maintenant, creusons un peu pour voir ce qui permet de distinguer le travail à temps partiel, du temporaire et de l’autonome. La principale différence entre le travailleur à plein temps et à temps partiel est que ce dernier bénéficie rarement des mêmes avantages sociaux et protections que le travailleur à temps plein. Un emploi dont la semaine de travail est inférieure à 30 heures est dit à temps partiel. Le travailleur à temps partiel occasionnel (irrégulier) a, pour sa part, des conditions encore plus précaires.
Le travailleur temporaire (ou occasionnel, ou sur appel) fait souvent affaire à une agence de placement qui lui trouvera des contrats de travail . Ces contrats peuvent être d’une durée indéterminée, saisonniers ou d’une durée déterminée.
Le travailleur autonome, lui, ne vit pas la relation employeur-salarié; il est son propre employeur et a ses propres clients. Le rapport qu’il vit est donc celui de travailleur-client, et le client est en fait son patron. Le travailleur autonome est régi aux mêmes titres légaux qu’une entreprise.
Mais attention! Plusieurs travailleurs et travailleuses considérés comme travailleurs et travailleuses autonomes ne le sont pas réellement dans les faits, c’est-à-dire qu’ils devraient être considérés comme salariés alors qu’un contrat signé leur donne le titre de travailleur autonome. Ce sont eux que nous appelons couramment les faux travailleurs et travailleuses autonomes ou les travailleurs et travailleuses dépendants.
Les bénéfices de cette manœuvre stratégique reviennent aux employeurs
- Ceux-ci évitent ainsi de payer les charges sociales, qui sont minimalement de 12%, ce qui résulte directement en une réduction de leurs coûts de main-d’œuvre et en une économie considérable de ses dépenses.
Du côté de l’employé, les conséquences sont souvent très lourdes
- Alors que le salarié a des protections sociales assurées (l’assurance-emploi, le droit au salaire minimum, le droit à des vacances, le droit à la syndicalisation).
- Le travailleur autonome ne peut bénéficier de ces protections.
- La Loi sur les normes du travail ne s’applique pas au travailleur autonome.
- De plus, il doit débourser des frais supplémentaires pour les cotisations de l’employeur et de l’employé au Régime des rentes du Québec et pour être couvert par la CSST (Commission de la santé et de la sécurité au travail).
22,9% des jeunes travailleurs et travailleuses occupaient un emploi temporaire en 1999. [1]
La part de l’emploi autonome dans l’emploi total est passé de 10 à 15,7% entre 1980 et 1998 [1]
65,4% des travailleurs et travailleuses à temps partiel de 15 à 29 ans auraient préféré travailler à temps plein, comparativement à 38,4% des 30 ans et plus (pendant la période scolaire) [1]
[1] « Emploi atypique et précarité chez les jeunes; Une main d’œuvre à bas prix, compétente et jetable », Conseil Permanent de la Jeunesse, Québec, avril 2001. En ligne: www.cpj.gouv.qc.ca. Le Conseil Permanent de la Jeunesse (CPJ) est le seul organisme gouvernemental dirigé par des jeunes. Il regroupe quinze membres âgés de 15 à 30 ans, qui ont à cœur l’amélioration des conditions de vie des jeunes et leur participation à la société québécoise.
[2] Voir le site du Développement des Ressources Humaines Canada pour de plus amples informations: www.hrdc-drhc.gc.ca.